Situation très tendue dans les Ehpad

Les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), anciennement dénommés maisons de retraite, s’adressent à des personnes dépendantes âgées de 60 ans et plus, ayant besoin de soins et d’aide au quotidien. Ces établissements offrent une prise en charge globale de la personne âgée par l’hébergement, la restauration, les services essentiels de la vie courante, l’animation à caractère culturel, les soins, etc.

Le département des Hauts-de-Seine compte 108 EHPAD répartis sur 34 communes et 10 229 places dont 1 493 places d’accueil Alzheimer ou apparenté.

En sous-effectif criant, les Ehpad ne sont plus en mesure d’assurer la sécurité et la dignité de leurs patients, de plus en plus nombreux, de plus en plus âgés et qui demandent de plus en plus d’accompagnement. Près de 730 000 personnes âgées sont actuellement placées dans ce type d’établissement. Un Français de plus de 90 ans sur trois est concerné. Pour s’en occuper, on ne compte que six ­salariés pour dix patients, contre un pour un dans les pays scandinaves.

Pendant que le niveau de fragilité des résidents ne cesse de s’élever depuis des années, l’encadrement en personnel, lui, n’a pas évolué en conséquence créant ainsi une forte tension dans nombre d’établissements. L’épuisement des personnels est reconnu de tous. Les organisations syndicales ont demandé un engagement ferme de la part du gouvernement pour « l’augmentation des effectifs, gage de la prise en charge des résidents » et l’application d’un agent par résident, prévu par le Plan Solidarité.

Aujourd’hui, le recrutement de 3 aides-soignantes supplémentaires dans chacun des 7400 Ehpad de France coûterait environ 700 millions d’euros. Une somme qui ne représente que 22% du cadeau aux plus riches que fut la suppression de l’ISF. Plus que jamais, il s’agit là non d’un choix budgétaire mais bien d’un choix politique.

Il faut remettre à plat l’ensemble du système. La croissance des besoins s’annonce exponentielle. D’ici à 2070, le nombre des plus de 75 ans aura doublé et celui des plus de 85 ans aura quadruplé. Avec l’allongement de la durée de la vie, la question du grand âge s’impose comme un défi sociétal majeur.

Catherine Picard- Tribune Elus socialistes – HDS Mag n°58 – mars-avril 2018

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