« Ne les appelez plus Ehpad : quatre ans après le scandale Orpea, le gouvernement a annoncé ce samedi 25 avril son intention de renommer les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes en Maisons France Autonomie. » (Extrait de l’article « Adieu les Ehpad, bonjour les Maisons France Autonomie » paru le 25 avril dans Libération, à retrouver ICI).
Non, ce n’est pas un article du journal satirique Le Gorafi. La solution du gouvernement aux scandales récurrents qui touchent les établissements d’accueil pour personnes âgées dépendantes, est la même que celui du groupe Orpea, maintenant rebaptisé Emeis.
Plus concrètement, je ne peux que déplorer, une fois encore, une stratégie gouvernementale qui mise sur la communication plutôt que sur les moyens humains et financiers nécessaires sur le terrain. Car le bon fonctionnement des services publics, en particulier ceux à destination des personnes vulnérables, repose sur l’adéquation entre moyens et besoins. Et là, le compte n’y est pas.
Nous le savons, les chiffres nous l’annoncent, nous nous dirigeons inexorablement vers un choc démographique. Choc auquel le seul « virage domiciliaire » ne pourra pas répondre.
Dans les Hauts-de-Seine, en 2022, 7,6% de la population avaient plus de 75 ans, soit 124 500 personnes, dont 19 000 de plus de 90 ans ! La moyenne d’âge d’entrée en EHPAD étant de près de 86 ans en 2019 (source ICI), nous ne pouvons que constater l’inadéquation de l’offre d’hébergement dans les Hauts-de-Seine avec les besoins de ses habitants âgés. En effet; en 2022, l’INSEE ne recensait dans notre département que 10 530 places en EHPAD, dont plus de la moitié dans des établissements privés à but lucratif – où, comme le rappel la dernière étude de la DREES (à retrouver ICI), le taux d’encadrement des résidents est moins important de près de 10 points en moyenne par rapport aux établissements publics.
Il faut donc miser sur un véritable service public du grand âge, accessible à tous, et lui donner les moyens de répondre aux besoins de toutes les situations. En particulier dans un département comme le notre, où le coût de la vie est particulièrement élevé. En 2021, Le 92 était le 3e département le plus cher en termes de coût d’hébergement (après Paris et la Guadeloupe) pour une moyenne de 3266 € par mois (source ICI). Il était de 3619 € en 2023, hissant le 92 à la 2e place du podium national (source ICI).
