PLU Montrouge : mais où sont les solutions pour la vie quotidienne des Montrougiens ?

Intervention en séance publique du Conseil de territoire VSGP du 27 septembre 2016

(délibération sur l’adoption du PLU de Montrouge)

 

Monsieur le Président, chers collègues,

Nous voici arrivés au terme de la séquence de production du nouveau Plan local d’urbanisme (PLU) de la ville de Montrouge après son annulation par le juge administratif et la délibération qui nous est présentée ce soir est importante à double titre :

  • d’une part parce qu’elle concerne une partie de territoire constitutive de Vallée Sud Grand Paris et que l’évolution de ce morceau de territoire impactera nécessairement l’évolution plus globale de l’intercommunalité que nous constituons,
  • d’autre part parce qu’elle impactera le cadre de vie plus directement des Montrougiens

Le moment de débat que nous avons ce soir est donc important mais une fois la lecture achevée de ce PLU, je ne comprend pas comment il pourra répondre aux besoins des Montrougiens pour les 10 prochaines années. L’objectif qui est rappelé dans le rapport de présentation, est bien celui d’  « imaginer le visage de Montrouge en 2025 » et pour cela évoquer plusieurs scenarios de développement possibles ; celui qui est retenu est celui de renouvellement modéré avec un niveau de population fixé à 49 900 habitants à l’horizon.

Cette hypothèse de niveau de population laisse interrogatif. Car si Montrouge n’est pas soumis à un objectif chiffré de densification, Montrouge doit néanmoins contribuer à l’effort impulsé à l’échelle régionale et je doute que dans ce cadre, le niveau de population reste le même qu’aujourd’hui. D’ailleurs, il n’est pas utile d’être grand démographe pour voir que la population actuelle atteint déjà le niveau de la population estimée. Les Montrougiens sont  déjà plus de 50 000 habitants. Ils sont donc d’ores et déjà en droit d’attendre toutes les propositions qui sont faites pour satisfaire la qualité de vie d’une telle population.

Mais je veux revenir maintenant rapidement sur quelques points emblématiques de nouveua PLU pour Montrouge.

Montrouge est une ville de petite taille qui s’est fortement densifiée ces dernières années. En 13 ans ce sont près de 11 000 nouveaux habitants qui sont arrivés dans notre ville, pour atteindre aujourd’hui 25000 hab/km².

Pour autant la rareté des opportunités foncières qui en résulte  ne doit pas être l’alibi d’un manque de volontarisme politique et d’une ambition à la baisse pour Montrouge.

Ce qu’attendent les Montrougiens c’est que la qualité de leur cadre de vie soit améliorée, que la variété de l’offre de logements leur permette un parcours résidentiel effectif. Cela passe par des logements accessibles et de taille adaptée. Une condition pour y parvenir – mais elle n’est pas exclusive – c’est de satisfaire aux 25% de logements sociaux imposés par la loi. Or je ne vois rien dans ce PLU qui favorise cela, que cela soit dans la réservation d’espaces ou encore dans le choix d’un habitat social diffus. Ce n’est pas la seule production de 60 logements par an qui va permettre d’atteindre cet objectif.

Je rejoins ici la remarque faite par l’Etat au travers par la Direction Régionale et interdépartementale de l’équipement et de l’aménagement , qui nous dit que les outils du code l’urbanisme  auraient pu être mobilisés dans ce PLU  pour favoriser la production de logement sociaux, notamment dans les secteurs couverts par les OAP.

Ce qu’attendent les Montrougiens, ce sont des équipements publics adaptés à leurs besoins. Sur ce point, la seule proposition qui était initialement faiteétait celle d’un espace réservé pour une école qui resterait à construire dans un délai inconnu… Suite à l’enquête publique et à l’évolution du cadre réglementaire cette proposition a été retiré et on ne sait plus aujourd’hui où cet équipement plus que nécessaire sera construit, s’il l’est un jour…

Sur les espaces verts, L’un des axes que l’on retrouve dans le PADD est celui de la préservation du cadre de vie avec un 1er objectif qui est celui d’accorder une importance primordiale à la trame verte montrougienne, support (je cite) de biodiversité et de qualité de vie. Les propositions qui viennent détailler ce que pourrait être cette trame verte virtuelle demeurent nettement insuffisantes puisqu’elles se résument au seul maintien de ce qui existe

avec à peine un peu plus de 1m²  d’espaces verts par habitant cela fait peu, vous en conviendrez surtout si on parle de trame verte…

Aucune ambition donc de créer de nouveaux espaces verts publics mais un seul constat sans réel débouché, celui de dire que Montrouge est situé entre 2 secteurs d’intérêt écologique : la Cité Universitaire de Paris et le Cimetière Parisien de Bagneux.

Sur la question des déplacements doux. Au final on ne trouve sur ce point que très peu de propositions notamment sur les modes alternatifs d’usage de l’automobile si ce n’est celles déjà impulsées par l’Etat (bornes de recharges pour véhicules électriques ou limitation des places de stationnement dans les projets tertiaires).

Pour les circulations douces, rien également si ce n’est se reposer sur l’offre proposée par d’autres communes telle que le Velib’. J’ai cherché désespérément une proposition de développement d’un véritable réseau de pistes cyclables mais je ne l’ai pas trouvé.

Quelques remarques maintenant sur la partie réglementaire du document :

Tout d’abord, sur le zonage unique. Le choix que vous faites d’une zone unique pour tout Montrouge interdit de donner quelque orientation particulière à nos quartiers.

Vu la densité de Montrouge (5ème ville la plus dense de France) et son degré d’urbanisation, la ville aujourd’hui se construit sur elle-même, elle se transforme sur elle-même. Si on veut contrôler ce changement, il faut pouvoir définir des zones au sein desquelles les fonctions urbaines sont maintenues. Le futur de nos villes – et Montrouge n’y déroge pas – se construira en favorisant le développement de plusieurs centres sur leur territoire capables d’assurer la co-existence de ces fonctions. Je ne vois pas dans ce PLU ce qui pourrait favoriser cette évolution mais seulement toujours plus pour un seul axe, celui de l’avenue de la République.

Sur l’interdiction de changement de destination, là aussi, on s’interdit une évolution nécessaire. Qu’il faille préserver un tissu commercial et artisanal, j’y souscris. Mais qu’on s’interdise une évolution de nos quartiers, ce n’est pas possible. En empêchant la transformation de locaux de bureaux/commerces en habitations ou inversement, on ne permet pas l’évolution nécessaire des quartiers notamment en faveur du logement. Evidemment il convient de contrôler cette évolution en fixant des règles. Celle qui est finalement retenue pour la démolition/reconstruction de locaux d’activités avec un taux de 75% de reconstruction est bien trop élevé (c’est aussi ce que dit le commissaire enquêteur…). Il faut assouplir cette règle pour ne pas figer l’évolution possible des quartiers.

Sur la question des hauteurs, vous faites le choix identique à celui qui prévalait dans le précédent PLU à savoir celui de ne pas en fixer mais de prendre pour référence l’environnement proche. Ce choix de l’alignement en hauteur continuera de produire les effets qu’il produit déjà : une uniformisation de la ville qui donne peu de respiration au regard,  quand elle ne rend pas quelquefois nos rues étouffantes tant l’enfermement produit est fort. (je renvoie à la la remarque du commissaire enquêteur sur ce point)

Mais vous dérogez néanmoins à ce point à deux endroits dans la ville : d’une part, dans le quartier de la gare Châtillon-Montrouge, d’autre part à l’extrémité Nord-Est de la ville près de la rue de Gentilly. Si la proximité de la nouvelle gare de la ligne 15 du Grand Paris Express peut être un élément motivant cette dérogation à la règle, nous n’avons aucune indication forte sur les motivations du choix du 2ème lieu au nord-est étant donné que les bâtiments sur cette limite de la ville sont déjà assez élevés. A moins que votre projet ne soit celui de construire un bâtiment de très grande hauteur (une grande tour d’immeuble, donc) à défaut d’avoir pu le faire sur l’ancien site de Schlumberger.

Sur les Orientations d’Aménagement et de Programmation (OAP) qui sont une nouveauté du code de l’urbanisme. Elles sont au nombre de 3 et ne sont pas toutes de même nature. C’est sans doute une façon de créer un sous-zonage (qui ne peut pas être une ZAC) sur lequel VSGP  peut garder un peu le contrôle mais avec moins d’efficacité qu’un zonage clairement réglementé. La véritable OAP sur laquelle nous aurons totalement la main est celle du secteur Marne-Brossolette pour ce qui concerne le développement urbain car sur le volet Déplacements le périmètre est entouré de voies départementales sur lesquelles nous n’avons pas prises.

Cette réserve est également vraie pour l’OAP de l’avenue Aristide Briand. Tous les aménagements de voierie qui sont identifiés sont d’une certaine manière déjà entérinés par le projet d’aménagement de la RD920, porté par le Département, qui monte progressivement vers Paris. Sur ce secteur d’ailleurs, je ne souscris pas à votre choix d’interdire la production de logements le long de cette artère au motif de la nuisance occasionnée aujourd’hui par le trafic routier. C’est justement parce que vous limitez votre choix à la situation actuelle en privilégiant le court terme, que l’orientation prise n’est pas la bonne. Cette voie départementale sera demain une voie transformée, pacifiée du point de vue du trafic quand l’aménagement prévu sera terminée d’ici quelques années. C’est dans ce contexte à venir qu’il faut se projeter et permettre donc la mixité des constructions tout au long de cet axe.

Vous le voyez, les réserves que nous faisions déjà lors du précédent PLU tiennent toujours et les seules adaptations du texte à la réglementation en vigueur ne suffisent à donner un nouveau souffle à vos propositions. Au regard de l’ensemble de remarques et des réserves que je viens de formuler et qui me font douter que Montrouge puisse suivre le chemin d’un développement durable et solidaire, nous voterons contre ce nouveau PLU

PLU Montrouge : ouverture de l’enquête publique

PLU Montrouge : ouverture de l’enquête publique

Ce lundi 11 avril s’ouvre l’enquêté publique sur le nouveau Plan Local d’Urbanisme (PLU) de Montrouge.

Cette élaboration du PLU de Montrouge, valant révision de son Plan d’Occupation des Sols (POS), fait suite à l’annulation pour vice de forme du précédent PLU de Montrouge, ayant pour conséquence de remettre en vigueur le POS approuvé le 15 novembre 2000, modifié à plusieurs reprises.

L’enquête publique est un moment important d’information du public dans le cadre de la procédure de de révision.

Du 11 avril au 20 mai, vous êtes invités à consulter le dossier de PLU et à déposer vos remarques sur le registre à votre disposition.

  • Le dossier est consultable au Service Urbanisme au Centre administratif ou directement en ligne à l’adresse suivante http://goo.gl/zFDpOi
  • Vous pouvez déposer vos remarques sur le registre tenu à votre disposition au Service Urbanisme ou en rencontrant le commissaire enquêteur lors de ses permanences au Centre Administratif :
    • lundi 11 avril 2016 de 14h30 à 17h30,
    • mardi 19 avril 2016 de 14h30 à 17h30,
    • jeudi 12 mai 2016 de 16h30 à 19h30
    • vendredi 20 mai 2016 de 14h30 à 17h30
  • Vous pouvez également les adresser:
    • par mail à enquete-publique@ville-montrouge.fr
    • par courrier postal en écrivant directement à l’attention de Madame le Commissaire enquêteur : Mairie de Montrouge – 43, avenue de la République – 92120 MONTROUGE

 

Votre avis compte … ou pas

Votre avis compte … ou pas

Tribune « La Gauche à Montrouge »  Montrouge Magazine n°117 avril-mai 2016

Votre avis compte …

Une enquête publique aura lieu courant avril pour l’élaboration du Plan Local d’Urbanisme (PLU). Pendant la durée de l’enquête, le public peut consigner ses observations, propositions et contre-propositions sur le registre d’enquête tenu à sa disposition au centre administratif. Les observations du public sont consultables et communicables (au frais de la personne qui en fait la demande) pendant toute la durée de l’enquête. Une proposition a plus de chances d’être retenue si elle est faite par de nombreuses personnes. Nous encourageons les habitants à donner leur avis pour infl uer sur les décisions qui impacteront la vie de notre commune dans les années à venir. Par exemple, l’un des grands changements prévus par le PLU est l’interdiction de transformer des bureaux en habitations, et cela dans l’ensemble de la ville (à la seule l’exception de la zone «Maisons et villas»). Pas sûr que ce soit une bonne idée

… ou pas

Pas plus que la population, les élus n’ont pas été consultés sur la mise en double sens de l’avenue de la République. Ils ont découvert cette décision lorsqu’elle leur a été présentée en conseil municipal comme une mesure ayant pour objectif de dynamiser le commerce à Montrouge, et validée par les commerçants. Puisqu’elle a été présentée comme un test, les élus de La Gauche à Montrouge demandent qu’une évaluation sur les impacts de ce changement soit faite sur la base de critères partagés, avec les parties concernées, et que les résultats soient diffusés publiquement.

PLU 2015 : où sont les solutions pour la vie quotidienne des Montrougiens ?

Intervention de Joaquim TIMOTEO

Conseil municipal du 5 novembre 2015

 

PLU 2015 : où sont les solutions pour la vie quotidienne des Montrougiens ?

Nous voici arrivés au terme de la séquence de de production du nouveau Plan local d’urbanisme (PLU) de notre ville après son annulation par le juge administratif.

Le moment de débat que nous avons ce soir est donc important.

Nous avons déjà eu à débattre des orientations générales qui y sont inscrites lors de la discussion sur le Projet d’aménagement et développement durables (PADD). Les réserves que j’avais formulées lors de ce 1er débat ne sont pas levées par les documents complets qui nous sont soumis ce soir même si je peux reconnaître une meilleure qualité (au moins dans la forme) à certains d’entre eux notamment le rapport de présentation.

Une fois la lecture achevée de ce PLU, on ne comprend pas comment nous allons répondre aux besoins des Montrougiens pour les 10 prochaines années. En termes d’habitat, la disparition d’une volonté de maintenir un habitat diversifié de qualité continue de me poser problème comme je l’avais déjà évoqué lors du vote sur le PADD.

Bien sûr Montrouge est une ville de petite taille qui s’est fortement densifier ces dernières années. En 13 ans ce sont près de 11 000 nouveaux habitants qui sont arrivés dans notre ville.

Mais la rareté des opportunités foncières qui en résulte aujourd’hui ne doit pas être l’alibi d’un manque de volontarisme politique et d’une ambition à la baisse pour notre ville.

Ce qu’attendent les Montrougiens c’est que la qualité de leur cadre de vie soit améliorée, que la variété de l’offre de logements leur permette un parcours résidentiel effectif. Cela passe par des logements accessibles et de taille adaptée. Une condition pour y parvenir – mais elle n’est pas exclusive – c’est de satisfaire aux 25% de logements sociaux imposés par la loi. Or je ne vois rien dans ce PLU qui favorise cela, que cela soit dans la réservation d’espaces ou encore dans le choix d’un habitat social diffus.

Ce qu’attendent les Montrougiens, ce sont des équipements publics adaptés à leurs besoins. Sur ce point, vous ne faites qu’une seule proposition : celle d’un espace réservé pour une école qui resterait à construire dans un délai inconnu… Quand on voit le temps que vous avez mis à construire l’école de la zone d’aménagement concerté (ZAC) du Nord, soit près de 15 ans, on ne peut qu’être inquiet.

Or les besoins existent dès aujourd’hui, et je ne comprends pas les projections de population qui sont données à l’horizon 2025 pour justifier vos choix. Il n’est pas utile d’être grand démographe pour voir que la population actuelle atteint déjà le niveau de la population estimée. La population de référence prise en compte pour l’état de la situation montrougienne est celle de 2011 or si on regarde juste l’évolution du solde naturel (la différence entre les naissances et les décès à Montrouge) pour les années qui ont suivi, on constate tout simplement que le population montrougienne devrait s’établir aujourd’hui à près de 49 867 habitants selon les données livrées par l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), soit le niveau de population que vous attendez pour 2025 soit 49 900 habitants.

Mais je veux revenir maintenant sur quelques points emblématiques de ce nouveau PLU. Lire la suite

Nouveau Plan Local d’Urbanisme, une chance à saisir !

Nouveau Plan Local d’Urbanisme, une chance à saisir !

Tribune « La gauche à Montrouge »,  Montrouge Magazine novembre-décembre 2015

Notre ville va se doter d’un nouveau plan d’urbanisme (PLU) en remplacement de celui annulé en 2013 par le Tribunal Administratif. Le PLU est le principal document de planifi cation de l’urbanisme, primordial pour tous car il  dessine les grands axes de développement futur de la ville en fixant le niveau de production de logements et la nature des équipements publics.
Notre groupe est intervenu à plusieurs reprises lors du lancement de la nouvelle procédure pour demander une large concertation des habitants avec pour objectif de faire entendre la voix de la ville et de ses résidents, à l’aube de la future Métropole du Grand Paris : des réunions de quartier durant la phase de diagnostic, des balades urbaines, des réunions de secteur sur les projets de développement et sur le règlement du PLU, une grande consultation citoyenne.

La ville a organisé uniquement des ateliers thématiques (avec un petit groupe de volontaires) dont les conclusions sont affichées sur son site. Le résultat est sans appel : notre ville souffre d’une trop forte densification, l’offre de logements y est peu diversifiée, les équipements publics sont saturés et difficilement accessibles, le manque d’espaces verts est criant…

Lors du débat sur le Plan d’Aménagement et de Développement Durable (PADD), nous avons constaté que nos questionnements  restent d’actualité :

– sur le commerce : certains quartiers font l’objet d’une politique active quand d’autres sont délaissés. Des commerces de proximité disparaissent. Rien ne justifie ce traitement inégalitaire des territoires.
La politique de rachat des bas d’immeubles et de préemption pratiquée par la ville serait-elle à bout de souffle ?

– sur les circulations douces : circuler en vélo parmi les voitures s’avère dangereux mais le nombre de pistes cyclables est si  petit que les montrougiens préfèrent éviter ce mode de déplacement. A quand un maillage de la ville pour les vélos, la mise en place d’un pédibus, et plus largement, une réflexion collective pour l’élaboration d’un plan de déplacements urbains (PDU) à Montrouge ?

– sur le logement : la volonté de maintenir un habitat diversifi é de qualité inscrite dans les anciens documents du PLU a totalement disparu du document actuel. Cela voudrait-il dire que ce n’est plus une ligne directrice aujourd’hui ?

Ce nouveau PLU est une chance à saisir par les Montrougiens, pourvu qu’ils soient impliqués dans la recherche des réponses à toutes ces questions.

PLU – nouveau PADD: un quasi plaidoyer pour l’immobilisme !

travauxIntervention au Conseil municipal du 25 juin 2015

Joaquim TIMOTEO

Nouveau projet d’aménagement et de développement durables

 

Dans la séquence de ré-élaboration du plan local d’urbanisme, nous voici aujourd’hui dans la phase de discussion du projet d’aménagement et de développement durables (PADD).

Ce document sur lequel nous sommes invités à débattre n’est pas un document opposable, il ne constitue pas le cœur du PLU mais il conserve néanmoins toute son importance.

Une réelle et véritable importance car il doit décrire la façon dont nous projetons notre ville dans l’avenir. Les objectifs retenus de développement, d’aménagement seront ensuite traduits plus techniquement dans le règlement et le plan de zonage du PLU.

A la lecture de ce document, je ferai une première observation : il est pour le moins tiède, sans véritable ambition et fait abstraction des vraies évolutions pour notre ville.

Il est vrai qu’à sa lecture tout semble pour le mieux dans le meilleur des mondes…

  • des  espaces verts : Montrouge en possèderait en nombre suffisant …
  • des pistes cyclables : mais elles existeraient déjà …
  • des équipements publics : ils seraient suffisants  …
  • etc…, etc…

Puisque tout est là au quoi bon faire évoluer les choses… C’est que semble vouloir dire le document que nous est proposé, avec une philosophie simple : faire le minimum et profiter de ce que font les autres. Vous comprendrez que je ne partage absolument pas ce point de vue.

Je ne vais pas reprendre point par point les éléments du document mais je voudrais en aborder les plus importants dont certains étaient déjà inscrits dans le PADD de 2007 et dont nous n’avons pas réellement vu leur effectivité depuis. C’est dire si je suis dubitatif sur ce qui est proposé aujourd’hui.

Le 1er des axes que vous proposez est celui de la préservation du cadre de vie avec un 1er objectif qui est celui d’accorder une importance primordiale à la trame verte montrougienne, support (je cite) de biodiversité et de qualité de vie. Je ne peux que vous félicitez pour cette fibre verte que je vous découvre.

Les propositions qui viennent détailler ce que pourrait être cette trame verte virtuelle demeurent nettement insuffisantes puisqu’elles se résument au seul maintien de ce qui existe

Aucune ambition de créer de nouveaux espaces verts collectifs mais un seul constat sans réel débouché, celui de dire que Montrouge est situé entre 2 secteurs d’intérêt écologique : la Cité Universitaire de Paris et le Cimetière Parisien de Bagneux.

L’axe 2 développe l’optimisation du fonctionnement urbain . Il y est enfin question de logement. Venons-y un instant. Je note tout d’abord sur ce point une véritable différence avec le PADD précédent : la disparation de la volonté de maintenir un habitat diversifié de qualité.

Il est vrai que c’est la disparition progressive de cette diversité et l’uniformisation des constructions dans notre ville que l’on a constaté depuis maintenant presque 10 ans. Uniformisation qui s’est traduite par l’élimination progressive des familles les plus modestes.

Donc pas étonnant que l‘on ne propose plus maintenant que de (je cite) « produire de nouveaux logements en tenant compte des potentiels limités ». Quand on voit le nombre de projets immobiliers de bureaux qui ont à nouveau envahi Montrouge, je comprend mieux votre souhait timide de limiter cette diversité et le développement des équipements publics nécessaires.

Il y est également question des déplacements et notamment des déplacements doux. Au final on ne trouve sur ce point que très peu de propositions notamment sur les modes alternatifs d’usage de l’automobile si ce n’est celles déjà impulsées par l’Etat (bornes de recharges pour véhicules électriques ou limitation des places de stationnement dans les projets tertiaires).

Pour les circulations douces, rien également si ce n’est se reposer sur l’offre proposée par d’autres communes telle que le Velib’.

J’ai cherché désespérément une proposition de développement d’un réseau de pistes cyclables mais je ne l’ai pas trouvé. Les cartes de la ville qui illustrent le PADD n’en font aucune indication.

J’ai cherché également une proposition qui encouragerait aussi les déplacements à pied dans notre ville, mais rien non plus…

Deux points pour finir. D’abord celui de la concertation. Comme d’habitude, elle s’est faite a minima : 1 réunion publique avec quelques kakemonos de présentation, 4 ateliers thématiques qui ne se sont réunis qu’une seule fois.

Cela ne peut évidemment pas suffire pour créer l’adhésion du plus grand nombre de Montrougiens. Et les rappels que vous ne manquerez pas de me faire sur la publicité faite dans les différents supports de communication, ne peuvent suffire non plus pour se donner les moyens d’une véritable démocratie participative, si tant est qu’on en veille véritablement dans cette ville.

Enfin, je voudrais vous faire part d’un dernier sentiment que transparaît à la lecture de ce document. Montrouge doit sans doute pour vous « vivre hors-sol », coupé de son environnement et des changements institutionnels qui s’annoncent comme celui du renforcement de la carte de l’intercommunalité et du Grand Paris.

En effet, à aucun moment, il n’est fait référence aux défis qui nous attendent dans les années qui viennent pour mieux inscrire Montrouge dans le Grand Paris ou tout simplement à la façon dont nous entendons travailler avec les villes qui nous entourent.

Les modalités des coopérations à imaginer avec notre environnement sont absentes de ce PADD qui pourtant doit dessiner les grands axes stratégiques pour  les 10 à 15 prochaines années.

Au final ce document qui devrait être prospective et stratégique ne fait finalement référence qu’au présent !

Nous ne pouvons pas voter son adoption.